Dans le cadre de laboratoires de recherche pour Icosaèdre, il est question de créer des rencontres pour avoir des opinions divers et variés sur différents sujets.
Icosaèdre est un projet de création à échéance 2029, dont le processus de création sera jalonné de résidences thématiques et autonomes en résonances avec l’allégorie de la Caverne de Platon.
En mars, avril et mai 2026, des ateliers ont été menés avec des femmes, sur le corps, le lien mère-enfant, la valeur de la féminité,…..pour nourrir le travail de recherche de Guillaume Bertrand, directeur artistique de la Compagnie du 13ème Quai et Lise Pauton, contorsionniste, lors d’une semaine de résidence en juin à H2M (Hôtel marron Meillonnas) musée d’art contemporain de la ville de Bourg en Bresse.
En plus du travail de laboratoire artistique, cette semaine sera également le cadre de 3 ateliers avec 3 classes d’école primaires burgiennes qui seront co-encadrés avec Carole Gourrat, plasticienne, pour alimenter le propos de la résidence sur la thématique de l’ombre colorée et de la lumière.

Pour de premier jour de printemps, nous débutons une série de 3 séances avec des femmes présentes à l’accueil de jour de la Sauvegarde 01 à Bourg en Bresse (pour des raisons de confidentialité nous avons changé les prénoms des participantes). Nous retrouvons Julie et Gladys, nos 2 interlocutrices de l’accueil de jour et Sabine qui avait cousu en 2022 des nuages pour « Nuée », premier volet d’une création participative sous forme de triptyque : Nuée, 2 Nids, Pygargus. Nous rencontrons également Odile, Marlène et Sylvie.
Guillaume présente le travail de la Compagnie du 13ème Quai et l’objectif de nos rencontres qui est de collecter une matière intellectuelle et sensible pour nourrir la recherche de la résidence en juin à H2M.
La séance débute sur une série de questions sur la maternité : Est-ce que tous les individus peuvent être mère ? Qu’est-ce que la notion de maternité ? A-t-on besoin d’être mère pour être femme ?
Les échanges prennent rapidement d’autres orientations,
sur la notion de genre social ou personnel,
la séduction sexuée ou asexuée, ondulante, lente et souple, foudroyante, voulue ou subie, la séduction qui manipule consciemment ou pas, naturelle et organique, sociale ou narcissique
mais aussi
sur la valeur « d’être vu(e) », c’est être sécurisée, appartenir à un tout, exister, avoir un sentiment de communauté, une reconnaissance.
Ces 2 heures de discussion intensives permettent à Guillaume de sélectionner des matières pour travailler lors du prochain atelier sur une matière sonore basée sur des sons et des rythmiques pour traduire au mieux les sensations associées aux notions évoquées. Vaste programme !
6 semaines plus tard, nous retrouvons Julie et Pierre de l’accueil de jour et Odile, Marlène et Sylvie.
Cette fois, il s’agit de produire une bande sonore, pas musicale, pour la présentation de sortie de résidence de Guillaume et Lise en juin à H2M.
Guillaume présente le matériel son : micro, boite à sons, enregistreur….et la méthode d’empilement de sons, qu’il pourra retravailler ensuite.
Guillaume lance une première piste de recherche : un son de féminité.
« Imaginez Lise, avec des voix un peu comme des voix qui appellent l’attention. Un peu comme un écho, spatialisation, résonance, des voix qui viennent de loin et approcher puis disparaitre. »
Chacune fait un test d’enregistrement de voix et c’est parti.
Marlène commence : elle appelle sans mettre de mot, que des sons, onomatopées, « c’est dur sans mettre de mot, ce n’est pas facile »
Odile : « Dès que tu commences à imaginer une séquence tu mets tes intentions et cela donne la matière personnelle et artistique. ». Odile reste sur l’interrogation, elle joue avec les sons qu’elle produit et la distance avec le micro.
Sylvie écoute Odile au casque et doit réagir en direct à ce qu’elle entend.
On enchaine avec une écoute collective des 2 pistes ensemble et qui se répondent.
Odile : « moi je pensais plus à des chants comme ça… »
Écoute collective déjà avec quelques réverbérations, des graves et des aiguës ôtés pour faciliter l’écoute : « ça fait un peu grotte, ça me parle par apport à l’apparition dont tu parles. »
Odile chantonne une berceuse.
Marlène « moi je ne chante pas »
Vous êtes différentes toutes les 3, Marlène est plus dans les sensations.
Marlène écoute au casque le chant d’Odile et elle donne des mots de sensation avec l’intonation du mot : joie, shinning, ensemble, âmes, …. « ne part pas »
Guillaume : « on a la fin du spectacle ! »
Odile :« c’est marrant je pensais qu’on allait faire des bruits d’interrupteur, gratter des cartons… »
Guillaume : « c’est un peu ce que j’avais prévu, regarde les sacs que j’ai apporté »
Julie : « les séances du lâcher prise »
Entendu en fin de séance : « Super – j’ai bien aimé »
Pour la séance suivante, Guillaume propose un travail autour de la déconstruction des stéréotypes de la représentation de la femme avec les regards des participantes pour faire un stop-motion de femmes à partir d’images de femmes découpées, déchirées, assemblées pour changer les membres et les tenues.
Et sur le même mode plastique, écrire des mots comme dans les lettres anonymes sur des sensations, émotions.
2 semaines plus tard, nous retrouvons Gladys et Pierre de l’accueil de jour et Odile, Marlène et Sylvie.
Guillaume présente les 3 matières pour l’atelier :
* lettre de corbeau en stop-motion 10-15 images seconde (film 25 images seconde).
* la déconstruction de stéréotypes féminins
Nous démarrons par les mots en lien avec la sensation de bien être ou de douleur, le brainstorming démarre.
Détresse, douleur, souffrance : Arrrgh !, ça pique, je brule, ça brule, brule, solitude, enfermement, je m’enferme, perte de repère, on vous croit, mal, larmes, déchirure, blessure(s), la blessure, traumatismes, séquelles, terreur, horreur, effroi, aïe, choc.
Bien être : calme, zen, soutien, apaisement, légèreté, douceur, bulle, détente, sérénité, relaxation, respiration, retour à soi, sucre, réconfort, doux, doudou, tendresse, caresse, après l’orage.
Les mots sont répartis et c’est parti pour le découpage : ambiance studieuse et silencieuse.
Pendant ce temps, une discussion s’organise sur la valeur du vouvoiement et tutoiement dans les relations.
Une fois toutes les lettres prêtes, nous faisons une photo de chaque mot. Chacun, chacune, positionne les lettres comme il/elle le souhaite. Guillaume termine par le stop-motion de « ça pique, ça brule. »
Faute de temps, nous n’aborderons pas les idées reçues pour déconstruire et détourner les stéréotypes.
16h00 fin de séance, tout le monde participe au rangement de la salle.
Nous laissons les mots de la fin aux participantes.
Odile : « ça a bossé, c’est court, il faut du temps pour aller vers ce que tu veux tout en restant nous. »
Marlène : « c’est parfait ! »
Merci à elles.
Et rendez-vous le 05 juin à 18h30 à H2M pour voir le résultat de toutes ses énergies créatives !
A suivre….





